Un premier single du second LP de Fleet Foxes en écoute.


Les chants du groupe originaire de Seattle vont à nouveau nous bercer en ce début d’année 2011. Et ce n’est pas pour nous déplaire! Ils avaient convaincu avec l’excellent album éponyme datant de 2008 et des titres comme White Winter Hymnal, He Doesn’t Know Why ou encore Tiger Mountain Peasant Song. Voici désormais en écoute le premier single intitulé Helplessness Blues qui fera partie de l’album du même nom, à paraître d’ici peu (le 3 mai prochain pour être exact). Cliquez ici pour  atterrir sur le Soundcloud du label Subpop et le découvrir dès maintenant : http://soundcloud.com/subpop

Publié dans A l'écoute cette semaine | Laisser un commentaire

Quelques vidéos qui annoncent une belle année 2011.

L’équipe de The Go! Team semble être toujours aussi en forme. Le premier single T.O.R.NA.D.O, dévoilé il y a quelques mois déjà sur la toile, le démontre parfaitement. L’album Rolling Blackouts sort fin janvier chez Memphis Industries et risque donc d’être tout aussi débridé, hyperactif et samplé que les deux opus précédénts.

 

 Hardcore Will Never Die, But You Will, voici le nom du futur septième album de Mogwai qui sortira mi-février chez le label écossais Rock Action Records et chez Subpop aux Etats-Unis. Vous pouvez découvrir ci-dessus le clip de leur premier single révélé dès novembre 2010. Leur tournée européenne passera par la France au mois de mars (Vous pouvez consulter les dates via cette page : http://www.mogwai.co.uk/option,com_gigcal/Itemid,3/). En reparcourant Burning, la récente captation live de Vincent Moon et Nathanaël Le Scouarnec, il y a de quoi être grandement tenté!

 

Les membres de Beach Fossils reviennent avec le titre Calyer, extrait du nouvel EP à venir. Celui-ci sortira le 22 février sous le nom What a Pleasure et risque  de faire tout autant sensation que l’éponyme Beach Fossils et d’émoustiller toute la hypitude branchée indé.

 

Des sorties, redonnant une seconde jeunesse à des groupes et musiciens phares des années 80-90, il y en aura aussi en 2011. L’année dernière, Orange Juice, Elliott Smith (et j’en passe!) étaient à l’honneur avec les rééditions Coals to newcastle boxset et  An Introduction To…Elliott Smith. Cette année, c’est au tour de Sebadoh, groupe américain de rock indé, et de son album Bakesale d’être réactualisés au travers d’une remasterisation prévue pour février aux USA et avril en Europe. Elle sera accompagnée de démos, raretés et autres versions acoustiques qui devraient valoir le détour.

 

The Pains Of Being Pure At Heart, le quatuor indie venant de New-York, nous avait servi de la noise-pop réussie il y a de ça quelques temps déjà. Les voilà qui reviennent désormais avec Belong, leur second LP qui paraîtra en mars chez Slumberland. Après Say No To Love, vous pouvez découvrir ci dessus  toute la délicatesse mélodieuse et juvénile de leur rock au travers du single Heart In Your Heartbreack

La pop mélancolique et envoûtante à laquelle nous a habitué Noah and The Whale revient en cette nouvelle année. Un premier single peut d’ores et déjà s’écouter. Il s’appelle L.I.F.E.G.O.E.S.O.N. et n’est peut-être pas aussi convaincant qu’un single comme Blue Skies du précédent album The First Days Of Spring. Mais ne nous fermons pas et attendons la sortie de l’album en mars pour juger leur nouvelle production.

Des morceaux du LP Tomboy, nous avons eu l’occasion d’en entendre quelques-uns dès l’été dernier. Parfois en toute officialité, parfois à cause de certaine fuites. Après son compagnon Avey Tare (également membre d’Animal Collective), c’est donc à Noah Lennox aka Panda Bear de sortir un nouvel album prévu pour le 19 avril 2011. Pour ce qui est de cette chanson illustrant une vidéo de skate réalisée par Atiba Jefferson (d’où le nom Atiba Song), nous ne savons toujours pas si elle fera partie de l’album.

 

Extrait de l’album Ducktails III : Arcade Dynamics de Matthew Mondanile, l’échappé de Real Estate, Killin’ The Vibe s’écoute en version Ducktails ou en version Ducktails ft. Panda Bear. Pas encore disponible sur le site du label Woodsist, la sortie de l’album était prévu pour le 18 janvier, c’est à dire hier. Gardons un oeil là dessus.

 

Après le très bon Born Again Revisited (Matador) qui faisait honneur au son lo-fi, les gars et la fille de Times New Viking reviennent avec un nouveau LP dispo le 25 avril aux Etats-Unis. Signé désormais chez Merge, celui-ci s’intitulera Dancer Equired et  vous pourrez y écouter No Room To Live et bien d’autres titres détonnants encore et encore.

Publié dans Vidéos | Laisser un commentaire

YO LA TENGO, magnifique en live.

Une balade à Paris et un retour hasardeux du côté du boulevard Voltaire nous font repenser à cette soirée en compagnie de Yo La Tengo, à leur talent affolant et à leur modestie attachante. Bon prétexte pour vous parler de ce concert qui date d’il y a plus d’un an déjà mais qui a marqué nos esprits. C’était en novembre 2009 à l’occasion de la tournée pour leur LP intitulé Popular Songs, sorti chez Matador Records pour ne pas changer. Depuis, nous avons rejoint les fidèles et scrutons la sortie d’un nouvel album pour avoir une occasion de les voir en live, une fois encore. De ce concert, nous en sommes sortis bouche bée, marchant sans trop comprendre ce qui venait de se passer. Un coup de foudre musical certainement. Aucune idée. Mais peu importe, l’extase était là et une discussion autour d’un verre s’imposait. Après le silence du respect ponctué de quelques onomatopées comme «Ouahh – pffff – ahlala…», un besoin d’échanger avec des personnes qui avaient également vécu cet interlude dans leur quotidien, se faisait ressentir.

Soir du 30 novembre 2009 : Profitant d’une agréable soirée d’automne, notre allure, au début tranquille, se presse au fur à mesure que les numéros défilent sur le boulevard Voltaire. Soudain, de nulle part, apparaissent les lettres YO LA TENGO sur un fond vert lumineux et tape-à-l’oeil. Nous sommes arrivés à destination. Passée l’agréable découverte de la salle du Bataclan, chaleureuse et idéalement agencée, les lumières s’éteignent pour laisser la place à une première partie rock, énergique et joviale présentée par un duo de quinquagénaires (lui anglais, elle américaine), qui semble tout aussi fan de la tête d’affiche que nous. Le projet s’appelle Wreckless Eric & Amy Rigby et après avoir réchauffé l’ambiance, les deux s’éclipsent sous des applaudissements enchantés. Tout cela est prometteur pour la suite. Les spectateurs accueillent à présent avec engouement les trois de ladite tête d’affiche qui s’aventurent discrètement sur la scène. Le départ se fait en douceur. C’est à partir de la troisième chanson, Nothing To Hide, qu’il sera impossible de détourner les yeux des musiciens. Ira Kaplan, qui a empoigné sa guitare, sort un son noise et dissonant. Les amplis frémissent. Il réussit à capter l’attention de tous. Abasourdi par le mur du son qu’il construit pendant plusieurs minutes, personne ne bronche. Le temps d’un magistral Blue Line Swinger (de l’album Electr-o-pura) n’est pas révolu, loin de là. Le jeu de batterie de Georgia Hubley trouve son chemin, se détend et est maintenant carré. James McNew accompagne avec panache à la basse et au clavier. D’autres morceaux du nouvel album sont joués comme Periodically Double or Triple ou Here To Fall mais ils n’oublient pas les références comme Tom Courtenay, Sugarcube ou encore Nuclear War qui enthousiasment la foule. Ils effleurent les différents styles qu’ils ont toujours traité avec des mains expertes au fil de leur carrière. On passe du garage noise, à une pop douce et suave chantée par Georgia jusqu’à une session plus jazzy et catchy. Des années et des années de concerts ensemble, les trois se connaissent et leur performance, qui laisse place à la spontanéité et aux prises de parole, est maîtrisée. Les trois chantent, se déplacent, passent du fond au devant de la scène. Ira Kaplan garde une fougue rock époustouflante, il malmène sa guitare (qu’il finira par frapper sur le sol) avec un jeu très incisif. Acclamés, ils reviennent à deux reprises et jouent au minimum 5-6 chansons en plus. L’un des rappels sera accompagné du duo qui a ouvert la soirée. Ira Kaplan et Georgia Hubley arborent un large sourire qui fait plaisir à voir. Quant aux deux femmes réunies pour cette éphémère collaboration, elles ont la classe. Pas de look élaboré, simplement une attitude, un son et une voix qui forcent l’admiration. Elles s’imposent avec brio dans leur formation respective et deviennent essentielles, indispensables. Comme une Kim Deal du temps des Pixies.

Les visages qui nous entourent, semblent comblés. Pour certains, ce n’est pas leur premier concert du groupe. Ce qui est compréhensible, un concert comme celui-ci est addictif. L’essentiel du public de Yo La Tengo est d’ailleurs constitué de fidèles. Après plus de vingt ans de musique, le succès commercial ne s’est jamais présenté. Ils n’en sont pour autant pas malheureux. Les conditions d’enregistrement offertes par Matador records ne doivent pas être désagréables, ni contraignantes. Les trois demeureront toujours la crème de la scène indé américaine. Pas de barrière de style, ni de production, ils créent en toute liberté au prix d’une quasi méconnaissance. Dommage quand on voit ce qu’ils sont capables d’offrir en live.

Publié dans Concerts | Laisser un commentaire

Arrêt à Philadelphie : The War On Drugs et Kurt Vile.

The War On Drugs est un nouveau son comme il est agréable d’en découvrir au hasard des pérégrinations sur le web. Venue de Philadelphie, la formation actuelle se compose de trois jeunes hommes dont Adam Granduciel à l’origine de l’entreprise. Kurt Vile, qui s’impose de plus en plus sur la scène indé américaine, a travaillé aux côtés d’Adam G. sur les précédentes productions mais n’apparaît pas sur les dernières compositions en date. C’est en 2003, lors d’une fête, que ces deux là se rencontrent. Histoire classique : Ils discutent musique, se trouvent des intérêts en commun et commencent à bosser ensemble. The War On Drugs voit le jour en 2005. Adam Granduciel en est le membre central, Kurt Vile développant également en parallèle un projet solo. Avec des musiciens qui les ont rejoints, ils bouclent le tout premier EP Barel Of Batteries en 2007. Le label Secretly Canadian, convaincu par leur travail, les fait entrer dans la maison. Désormais signés aux côtés d’I Love You But I’ve Chosen Darkness, d’Antony And The Johnsons et j’en passe, Adam et sa bande sortent leur LP Wagonwheel Blues. Les critiques de part et d’autre de l’océan Atlantique ne font pas grand bruit de l’évènement mais celles qui l’évoquent, sont enthousiastes.

Les présentations faites, c’est sur l’EP datant d’il y a seulement quelques semaines, que je souhaiterais maintenant me pencher. Ce Future Weather paraît quelques mois après le très prometteur Square Shells EP de Kurt Vile (que je mentionne ci-dessous). Lorsque l’on compare les deux, on perçoit et ressent clairement les similitudes entre les univers distincts mais finalement très proches des deux meilleurs amis.  Pour ce qui est de Future Weather, il est composé de cinq réelles chansons entrecoupées d’interludes noise et bourdonnants. L’inauguration a donc lieu avec l’ambient Come To The City#14 qui plante les décors avant l’arrivée d’un Baby Missiles mêlant une rythmique soutenue et entraînante à un clavier et à des guitares qui optent pour une pop expérimentale. L’harmonica se manifeste vers la fin du morceau et se cale pile où on pouvait espérer l’entendre. On peut  distinguer des éléments d’un rock plus traditionnel resté une référence pour la jeune génération  sur Comin’ Through tout comme sur l’ensoleillé Brothers. Du classic rock et du chant folk (de qualité) leur donnent une allure americana tournée vers les années 70 (Bob Dylan, Tom Petty pour ne citer qu’eux). Les embellissements sonores, le delay offrent une ampleur supplémentaire aux morceaux pour un rendu psychédélique et discordant. Après s’être détendus dans ces herbes folles, l’enchaînement atmosphérique de Missiles Reprise et de The History Of Plastic nous fait décoller et boucle puissamment l’EP. WOD joue avec des sons qui s’étirent sur de longues minutes et qui révèlent un talent expérimental grandissant même en l’absence de Kurt Vile. Ce spleen traitant de solitude, de séparation ou encore d’amitié sonne comme un road trip faisant des allées et venues à travers le temps sur des routes américaines qui s’étendent à perte de vue. Le mélange des genres et des époques est soigné et fonctionne. La cohérence et la maîtrise sonore du Future Weather me permettent donc de dire que The War On Drugs pourrait peut-être enfin sortir de l’ombre de Kurt Vile.

Kurt Vile, de son côté, ne chôme pas. Il a délaissé son travail d’instrumentiste au sein de The War On Drugs pour s’épanouir au travers de son projet perso. Ce travail de composition, il l’a commencé depuis longtemps mais la première production sous son nom ne sort qu’en 2008 (Constant Hitmaker). En digne successeur, Childish Prodigy marque l’année 2009 grâce à ce très bon croisement entre classicisme mélodique et aventures sonores. C’est dernièrement un nouvel EP intitulé Square Shells EP, qui fait l’actualité du musicien. Celui-ci sort chez Matador Records. Après avoir enregistré au sein de labels comme Mexican Summer ou Woodsist Records, il semble désormais avoir entreposé tout son matos chez ce promoteur de grands noms de la scène indé (Yo La Tengo, Pavement, Sonic Youth…). Un tel partenariat doit offrir tout le confort nécessaire à son épanouissement artistique, cela ne fait aucun doute.

Cet esprit créatif à l’allure d’un rockeur grunge des nineties, ouvre la danse avec une promenade enjouée nommée Ocean City. Il garde toujours cette voix teinté de folk US et ce ton nonchalant si agréable à entendre, rappelant parfois celui d’Adam Green. L’enregistrement sonne lo-fi et sont ajoutés sur ce morceau guitare/voix relativement simple quelques bruits et effets qui ouvrent la voie vers un voyage plus intense. Invisibility : Nonexistent s’ouvre aux sons d’une boîte à rythmes, qui s’entremêlent aux saturations et à la mélodie portée par une guitare acoustique. Le morceau se charge de vous emporter totalement avec ce riff prenant et  cette trame accrocheuse. Le terme de “space pop” que Kurt V. aime à utiliser pour vaguement définir sa musique, s’applique bien ici présent. Le Losing Momentum (For Jim Jarmusch) qui suit, s’adresse de manière explicite au cinéaste Monsieur Jarmusch, créateur d’un univers décalé de voyages et d’errances. Le titre instrumental agrémenté de guitares triturées et de réverb, se fonderait bien dans un film du personnage (ce qui pourrait d’ailleurs tout à fait se produire dans les faits). La musique du jeune garçon est brumeuse mais garde toujours une clarté et une luminosité qui nous évoque celle de Leonard Cohen. Au travers d’assemblages et d’arrangement effectués avec des mains de maître, il arrive à relier des univers différents qui n’auraient très bien pu jamais se rencontrer. Sa guitare, quant à elle, conserve toujours toute sa simplicité, comme en témoigne I Know I Got Religion. Sa voix ne se complique pas la vie et se balade au naturel sur ces mélodies pop /folk épurées et légèrement vagabondes. Le rendu est abouti et plus qu’envoûtant mais préserve une part de mystère pour le LP à venir. Celui-ci sera dispo en 2011 mais en attendant voici également le premier single In My Time du susnommé Smoke Ring for My Halo par ici : http://www.matadorrecords.com/matablog/2010/10/20/kurt-vile-in-my-time-7-out-nov-9-mp3-now/

Publié dans A l'écoute cette semaine | Laisser un commentaire

Ce que le cru 2010 nous a servi de meilleur…

Ok, vous en avez certainement ras le bol  des classements et n’êtes jamais d’accord avec. En cette fin d’année, vous allez en voir partout, dans les magazines, sur la blogosphère musicale et j’en passe. Cela est malgré tout un bon moyen de faire un bilan de nos découvertes et coups de cœur de l’année écoulée. J’ai  donc choisi l’option d’en établir un, mon premier pour dire vrai, qui n’engage bien sûr que ma petite personne. Nous sommes actuellement à la mi-décembre, c’est bientôt Noël. Ce qui suscite, même passé le cap de l’enfance, une douce et agréable euphorie. Les décorations pointent le bout de leur nez les unes après les autres, les guirlandes lumineuses du sapin clignotent déjà et évidemment au Havre, il ne neige pas. Période tout à fait propice pour se rappeler au coin du feu (J’aime m’adonner à une succession de clichés à la période des fêtes…) tous ces excellents titres qui, au cours de ces 12 derniers mois, ont  été capables d’égayer de sombres journées, de redonner confiance les matins de partiels ou de rendre plus douces des nuits d’insomnie. En tout cas, c’est un fait, l’entreprise a été rude. Plus je réfléchissais, plus de nouvelles possibilités pour ce « top 30 » me venaient à l’esprit. Mais, évitant la noyade de justesse, j’ai décidé de noter en toute spontanéité celles qui m’ont paru les plus marquantes de mon année 2010. Je préviens d’avance, vous ne verrez pas même l’ombre de MGMT, de The Drums et de leurs titres (un peu?) lourdingues à mon goût.

Top 30 (accompagné de très brèves descriptions) :

30. Wolf Parade, Expo 86 (Label : Sub Pop)

Avant toute chose, je tiens à préciser que je suis complètement fan de Sunset Rubdown et de Swan Lake (les autres groupes de Spencer Krug) et d’Handsome Furs (celui de Dan Boeckner). Alors quand les deux inépuisables se retrouvent pour le 3ème album de ce projet commun du nom de Wolf Parade, beaucoup de facteurs sont déjà réunis pour que je sois emballée.  Expo 86 a gardé l’énergie des précédents, les riffs ravageurs d’un Dan inspiré et le chant un peu barré d’un Spencer à l’esprit complexe.  Mais bon voilà, il ne m’a pas entièrement convaincue. C’est un peu comme la saison 5 de Dexter. On adore mais, à notre plus grand désespoir, on commence à ressentir une pointe de lassitude… (comparaison des plus douteuses, je vous le concède!) Ne pas oublier malgré tout les très bons What Did My Lover Say, In The Direction Of The Moon et aussi Two Men In New Tuxedos.

29. Woods, At Echo Lake (Label : Woodsist)

Que dire sur At Echo Lake, le nouvel opus folk et psyché des gars de Woods? C’est minimaliste, c’est rafraîssant, c’est franchement agréable. Ces ballades sur lesquelles les guitares sont triturées et les voix malmenées, nous évoquent des contrées excentrées, des champs aux herbes hautes cachés au pays des cow-boys. C’est pourtant d’une ville où ce sont les immeubles qui sont hauts, New York, qu’ils ont pondu ce cinquième album. De celui-ci, je réécouterai avec plaisir Blood Dries Darker aux voix haut perchées (oui, que de hauteur dans ce descriptif…), Surfering Season aux allures hippie-folk, le langoureux Time Fading Lines ou encore Mornin’ Time.

28. Liars, Sisterwold (Label : Mute)

Les musiciens de Liars en ont encore sous la semelle et le prouvent avec ces nouvelles compositions. Leur rock sombre aux mélodies tortueuses et enragées vous emmènent sur 11 titres vers des dédales inquiétants. Après une entrée en matière époustouflante (le progressif Scissor), ils continuent sur une très bonne lancée avec notamment Here Comes All The People qui sonne comme une incantation maléfique ou encore Scarecrows On A Killer Slant qui est carrément flippant. Album  réussi, selon moi, pour les Liars qui expérimentent là un rock schizophrène à la beauté froide.

27. Teenage Fanclub, Shadows (Label : Merge/PeMa)

Ces écossais actifs depuis 1989 n’ont toujours pas pris leur retraite, pour notre plus grand plaisir. Représentant de la scène pop/rock indé des terres britanniques et ayant influencé de nombreuses formations pop, le groupe a connu son âge d’or en 1991, date à laquelle Bandwagonesque est élu album de l’année par le magazine Spin. Shadows, quant à lui, nous démontre que, bien que les années aient passé, la bande de Norman Blake porte toujours aussi bien son nom. Les mélodies sont épurées et attachantes, les guitares sont propres. On ressent une nouvelle fois cette douce caresse emprunte de mélancolie à l’écoute d’un Sometimes I Don’t Need To Believe In Anything. Et on apprécie se dandiner gentiment sur  The Fall ou encore Today Never Ends. Album réjouissant, sans conteste.

26.  No Age, Everything In Between (Label : Sub Pop)

Ce duo composé de Randy Randall et de Dean Allen Spunt a sorti, à la rentrée, un troisième album au look clairement punk/rock. A mesure que le CD défile, on se rend rapidement compte de la présence de tubes en puissance. Je pense notamment à Depletion et à Skinned. Ces deux là font du bruit et le font très bien.  Leur musique est  direct, le chant déboublé prend davantage d’ampleur, les guitares crissent et semblent apprécier ça…

25. Villagers, Becoming A Jackal (Label : Domino)

Cette pop/folk née en Irlande est menée par Conor J. O’Brien à la voix tranquille et à la diction limpide, rappelant parfois celles d’un certain Conor Oberst de Bright Eyes. Violons, instruments à vent, piano apparaissent de manière éparse sur quelques titres pour venir enrichir la mélodie sans l’alourdir. De ce songwriting très personnel, on retiendra tout particulièrement les très bonnes Becoming A Jackal, Home, The Meaning Of The Ritual.

24. Twin Shadow, Forget (Labels : 4AD/XL Recordings/Naive)

A la seconde où l’on se penche sur ce Forget du new yorkais d’adoption Georges Lewis Jr., on se dit “Celui là, il a dû être bercé au son de The Smiths et de The Cure”. Ouai, on sent quelques influences des années 80… Mais attention, cet album reste celui de George, qui modernise une new wave où les synthétiseurs, les effets de voix et les lignes de basse monotones sont hégémoniques. Ce chanteur au look tellement old school nous ravie avec des titres comme Slow ou bien When We’re Dancing, des revisites simples, maîtrisées et catchy d’une époque révolue mais tellement regrettée (au vue du nombre de groupes de ces dernières années qui expriment une nostalgie pour celle-ci). Il lui arrive  également de rassembler quelques ingrédients disco  du côté de Shooting Foles ou encore de  At My Feels.

23. Lcd Soundsystem, This Is Happening (Label : DFA Records)

James Murphy et sa bande sont enfin de retour avec cette nouvelle production, qui serait, aux dires des concernés, la dernière. Quelle énergie, quelle tension ! Les revoilà donc avec des titres toujours électro, toujours rock, toujours dansants. Dance Yrself Clean surprend avec ses beats répétitifs et lents, qui s’énervent sur la fin. Les synthés de Can Change rendent fou (tout spécialement en live). All I Want fait penser à Bowie, qui chante Heroes. Un peu déçue aux premières écoutes, j’imaginais que trouver un digne successeur à Sound Of Silver avait dû être fortement laborieux. Mais, plus je me concentre sur le cas This Is Happening, plus j’y prends un réel plaisir.

22.  Tame Impala, Innerspeaker (Label : Modular Recordings)

Arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire actuellement, faites un break et prélassez vous en écoutant ce tout premier LP aérien du trio australien composé de Kevin Parker, Dominic Simper et Jay Watson. Tout aussi psychédélique que la pochette, leur musique semble tout droit sortie des seventies. La batterie est claire, les guitares rock agrémentées de fuzz sont lumineuses et la voix prend parfois des intonations à la Lennon. Le rendu n’a rien de très novateur mais m’a malgré tout enthousiasmée. Au passage, j’ajoute qu’ils ont été désignés comme l’album australien de l’année  par the J Award. Une bonne raison pour se réécouter It Is Not Meant To Me, Expectation, The Bold Arrow Of Time entre autres.

21.Shannon Wright, Secret Blood (Label: Vicious Circle)

Encore une très bonne découverte, Shannon Wright. Je ne connaissais absolument pas cette américaine originaire de Jacksonville malgré un curriculum vitae plutôt bien alimenté. Ce disque contient une grande force rock’n roll. Les guitares énervées comme écorchées vives laissent parfois place à des balades apaisées mais tout aussi sombres et inquiétantes. Quand on écoute la voix de Shannon Wright et chacune de ses inflexions, on pense parfois à PJ Harvey et à ses élans d’une puissance admirable.  Secret Blood nous plonge dans un univers aux émotions fluctuantes et communicatives, qui passionne de bout en bout.

20. Best Coast, Crazy For You (Label : Mexican Summer)

Voici un album qui va ensoleiller ce classement. Les membres du groupe Best Coast nous viennent d’un littoral qu’ils semblent apprécier et même revendiquer au vue de leur nom ; la côte californienne. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’opus qu’ils nous livrent là, est en harmonie avec ce cadre chaleureux de plages dorées et de végétations luxuriantes. Leur musique sent le soleil à plein nez. L’effet de cette surf pop fraîche et légère est immédiat. Elle redonne le sourire. Bethany Cosentino et sa voix séduisante vous embarquent donc pour un très agréable voyage mais pas mémorable non plus.

19. The Morning Benders, Big Echo (Label : Rough Trade Records)

Vous avez déjà regardé des vidéos du groupe ? Quatre gueules d’ange à qui l’on donnerait le bon dieu sans confession. Et lorsque l’on appuie sur play, le morceau Excuses, une valse pop langoureuse et envoûtante, confirme cette impression d’être en bonne compagnie. Ces californiens, qui naviguent entre Brooklyn et San Francisco, nous présentent leur second album après Talking Through Tin Cans datant de 2008. Cette musique d’une naïveté et d’un éclat qui attendrissent, vous entraîne à mille lieux de la terre ferme. Promises, Wet Cement ou Hand Me Downs procurent un bien être fou. A une base folk/rock sont ajoutés, par Chris Chu et ses comparses, des chœurs et une instrumentation orchestrale.  Une ambiance romantique à souhait garantit, regardant de temps à autre vers le style west coast des années 60.

18. Lali Puna, Our Inventions (Label : Morr Music)

Pas le meilleur, Our Inventions des munichois de Morr Music fait tout de même son effet en nous plongeant une nouvelle fois dans cette électronica pop dont ils ont le secret. Cette formation dans laquelle Markus Ascher (également membre de The Notwist) a posé ses valises, enchaîne les titres mélancoliques amplifiés par de nombreux samples superposés et mis en boucle. Valerie Trebeljahr a toujours cette voix apaisante et sophistiquée, qui arrive plus ou mois à s’imposer. Un groupe à découvrir en live, indiscutablement.

17. The Radio Dept., Clinging To A Scheme (Label : Labrador)

Les suédois de The Radio Dept. en sont à leur troisième album. Les sonorités shoegaze de Lesser Matters semblent désormais plus en retrait.  L’avantage est clairement donné à leur côté dream pop. La voix reste aérienne et cristalline, les morceaux très mélodiques. Une musique qui s’assagit mais des textes qui restent emprunt d’une gravité juvénile. On peut ressentir une certaine sérénité lorsque Heaven’s On Fire, You stopped Making Sense ou Never Follow Suit nous arrosent de ces beats plein d’entrain et de ce son clair et relaxant.

16. Avey Tare, Down There (Label : Paw Tracks)

Contrairement aux hipster en furie face à l’annonce d’une sortie imminente d’un album solo d’Avey Tare, je me suis contenue et ai attendu que l’album soit disponible dans sa totalité. Première impression de cette écoute : je suis satisfaite. Je préfère largement Avey Tare travaillant pour Animal Collective mais cet album, qui met bout à bout des sonorités venues de toute part, crée une ambiance captivante. Rien de surprenant à découvrir un tel expérimental obscure et un tel psychédélisme atmosphérique accomplis avec merveille venant d’un des piliers d’un groupe référence en la matière (Laughing Hieroglyphic, Oliver Twist, Lucky 1).

15. Foals, Total Life Forever (Label : Transgressive Records)

Suite à leur prestation au Rock en Seine, je me suis davantage intéressée au sujet Foals, à côté duquel j’étais passée jusqu’alors. Bilan : Je ne suis pas mécontente de m’être attardée sur ces compositions limpides et complexes à la fois. Leur musique moins math rock que sur Antidotes, se partage entre une pop énergique et dansante et des parties où la voix de Yannis Philippakis se calme et où l’instrumentation s’apaise. Au milieu d’une mélancolie qui reste omniprésente du début à la fin, Blue Blood, Spanish Sahara et After Glow se distinguent.

14. Beach House, Teen Dream (Label : Sub Pop Records)

A la sortie de ce nouvel LP, leur manque d’audace leur a été reproché. En effet, la formule sur Teen Dream ne change pas de celle présentée sur Beach House et sur Devotion. Cette continuité ne me gêne pas. Bien au contraire. Ils se perfectionnent dans ce qu’ils font de mieux et ça me plaît. Victoria Legrand et Alex Scally nous offrent une nouvelle fois une douceur pop à l’état brut. Cette dream pop aux mélodies simples et oniriques est jouissive. Et n’oublions pas cette voix éthérée et angélique qui prend une véritable ampleur au travers de ces nouveaux titres.

13. The Black Keys, Brothers (Labels : Nonesuch, Universal)

Quand on parle du blues/rock /garage de ces dernières années, beaucoup de personnes s’accordent là-dessus : The White Stripes sont les maîtres en la matière. Mais avec un Jack White qui multiplie ses participations à divers projets, Les Black Keys ont eu le temps de venir disputer le monopole. Le duo composé de Dan Auerbach et de Patrick Carney en est à son 6ème album et nous sert ici un rock abrasif teinté de soul. Les gars ont toujours autant la classe et nous en mettent plein la vue avec des riffs plus efficaces les uns que les autres et un chant aux intonations blues qui vous prend aux tripes.

12. Jeremy Jay, Splash (Label : K Records)

J’avais préféré Slow Dance mais le charme de ce jeune blond aux airs de dandy a eu fortement prise sur moi, je l’avoue. De cette nouvelle sortie, je me suis donc ravie et contentée. Avec l’album Splash, ce sont de nouvelles mélodies glamour et addictives, qui sont servies sur un plateau d’argent. Jeremy Jay a opté pour une formule moins rétro qu’auparavant. Plus de guitares et moins de synthés. Mais ce Dorian Gray des temps modernes envoûte toujours autant avec Just Dial My Number, A Silver Of Chance ou encore Someday Somewhere.

11. Caribou, Swim (Labels : City Slang / Merge)

C’est l’histoire de Daniel Victor Snaith, un doctorant en mathématiques qui a décidé de se consacrer à la musique. Je lui en suis parfaitement reconnaissante. Déjà détenteur du prix Polaris en 2007 avec Andorra, il revient désormais avec Swim. Ses ballades lancinantes oscillant entre électro et pop  sont ingénieuses et hypnotiques. Odessa, Sun ou bien Leave House  sont une immersion totale dans une rythmique planante, sombre, parfois dansante, qui n’ennuie pas une seconde.

10. Sufjan Stevens, No Age Of Adz (Label : Asthmatic Records)

Largement chroniqué et commenté, ce nouvel album du natif de Detroit n’a pas fait l’unanimité. Du pur génie pour certains, du bavardage pompeux pour d’autres. Personnellement, je n’opte pour aucun de ces deux extrêmes. Ce nouveau chemin emprunté par Sufjan m’a juste séduite, tout simplement. J’aime sa capacité à magnifier et sublimer les sons par des arrangements hors pairs, sans pour autant aller jusqu’à l’appellation de génie que l’on a parfois tendance à servir à tout bout de champ. Sufjan expérimente, se tourne vers l’électronique et n’oublie pas les instruments à vent qui s’envolent toujours avec une grande sensibilité. Chaque bruit, chaque voix, chaque inflexion vous transportent vers un pays imaginaire vallonné et brumeux. La mission était délicate : réussir à ne pas s’écraser en plein vol après le très apprécié Illinois. J’aurais tendance à affirmer qu’elle est accomplie.

09. Ty Segall, Melted (Label : Goner Records)

Important représentant de la scène lo-fi de San Francisco, Ty Segall nous balance ici un nouveau petit bijou intitulé Melted. De cette écoute courte et intense, vous ne sortirez pas indemne. C’est une véritable succession de titres explosifs d’une efficacité incontestable. Le son garage, crado et limite déjanté des Sad Fuzz, Caesar et autres Imaginary Person le place définitivement sur le devant de cette scène indé.

08. Arcade Fire, The Suburbs (Label : Merge / Mercury)

Celui-là, il était plus qu’attendu, cela ne fait aucun doute. Trois longues années se sont écoulées entre le bouleversant Neon Bible et The Suburbs. Peut-être trop pour certains, qui, dans l’attente de celui-ci, l’avaient fantasmé à tort et à travers et l’avaient déjà, avant de le connaître, mis sur un piédestal. Triste déception pour eux. Je ne serais pour ma part pas aussi catégorique, loin de là. Plus lisse que les deux précédents, collant davantage au format FM, on est d’accord là-dessus. On perd des envolées interminables, des expérimentations sonores au passage et c’est dommage. Win Butler et ses copains ont nettement pris une direction plus rock. En tous les cas, des morceaux comme Rococo, Deep Blue ou encore Empty Room me pousse à me dire que ce groupe reste un groupe à part, qui a encore d’innombrables trésors à nous offrir.

07. Jonsi, Go (Labels : XL Recordings, Parlophone)

En version électronique ou acoustique, ce projet venu des terres froides de l’Islande et entraîné par Jón Þór Birgisson (membre éminent de Sigur Rós) a de quoi intéresser. Après avoir sorti l’an dernier un album avec son compagnon Alex Somers, Jónsi s’est engagé dans cette aventure solo. Des titres comme Tornado, Boy lilikoi ou bien Sinking Friendships témoignent du fait qu’il a clairement opté pour une voie plus pop, ce qui pourrait faire pâlir certains puristes de Sigur Rós. Il délaisse également la langue islandaise au profit de l’anglais. Mais la finesse des mélodies et la beauté aérienne et évanescente de sa voix captivent indubitablement les oreilles. Entreprise fortement réussie.

06. Wavves, King Of A Beach (Label : Fat Possum Records)

Attention à vos oreilles, ces californiens de San Diego ont de l’énergie à revendre. Son lo-fi, distorsions et larsens sont à l’honneur sur cet album rempli de tubes pop incisifs et décapants (Super Soaker, Idiot, Green Eyes). Ces jeunes gars ont connu quelques déboires lors de la tournée de l’abum Wavves (Le batteur Ryan Ulsh a d’ailleurs quitté le groupe suite à un concert houleux…) mais ils semblent garder une cool attitude qui fait plaisir à entendre. Le rock crasseux de Nathan Williams et de ses amis lorgne également du côté de la surf pop des années 60 comme peut en témoigner Baby Say Goodbye.

05. Women, Public Strain (Labels : Flemish Eye / Jagjaguwar)

Lorsque l’on découvre pour la première fois cet album, on ne peut s’empêcher de penser à Deerhunter, qui a sorti tout récemment son nouvel album. Sonorités expérimentales, saturées et pleines de réverb, c’est une recette que l’on retrouve dans pas mal de groupes rock indé du moment et qui ne réussit pas à tout le monde. Le résultat atteint par le LP de Deerhunter et celui de Women n’est, à mes yeux, pas du même niveau. Clairement. Mais les canadiens, de Calgary plus précisément, nous servent un cocktail noise et pop des plus tortueux qui reste très convaincant. A l’écoute de China Steps, Drag Open, Eyesore, on sent bien le potentiel de ces gars là. Je n’avais pas entendu parler de leur premier album éponyme  en 2008, ce groupe est donc une bonne surprise pour moi.

04. Owen Pallett, Heartland (Label : Domino Records)

Etrange et beau à la fois est l’univers dans lequel nous transporte Owen Pallett (travaillant anciennement sous le nom de Final Fantasy). Armé de son violon et sa douce voix, il nous présente de lointaines contrées lyriques et froides. Elans expérimentaux, alignements de samples et passages de musique classique à la sauce Pallett  sont de mise. Le jeune musicien est audacieux et ça paye. Des morceaux comme Keep The Dog Quiet, The Great Elsewhere ou Lewis Takes Off His Shirt sont, à mes yeux, de véritables exploits.

03. Ariel Pink’s Haunted Graffiti, Before Today (Label : 4AD Records)

Cet icône du son lo-fi californien (oui encore! ils sont partout, je vous dis…) semble, au travers de cet album, avoir pris un tournant dans son énergie créatrice. Moins lo-fi, plus hi-fi semble être la nouvelle option choisie. L’enregistrement et le mixage sont nettement plus propres et se réalisent désormais chez les non des moindres 4AD. Fini les vieux enregistrements sur K7 audio produisant un effet parfois à la limite de l’audible. Ariel Pink a quelque peu (pas totalement) délaissé les expérimentations bruitistes pour davantage se diriger vers une pop légère, qui donne l’impression d’avoir été composée sous l’effet de certaines drogues… Incroyablement mélodiques, les morceaux sont variés et jouissifs. Entêtants et à la limite du tube pour certains (Bright Lit Blue Skies, Round And Round), d’autres sont totalement barrés (Beverly Kills, Menopause Man).

02. Holy Fuck, Latin (Labels : Young Turks / XL Recordings)

Déjà nommé pour le prix de musique Polaris avec leur précédente production intitulée LP, le quatruor originaire de l’Ontario l’est à nouveau avec ce tout jeune Latin. Rien d’étonnant me diriez-vous. Celui-ci est tout simplement une mine de superbes morceaux instrumentaux au carrefour de l’électronica et du post-rock. Après une introduction qui va en s’intensifiant sur 1MD, la puissance ne s’atténue pas jusqu’à la toute dernière minute de P.I.G.S. Des énergies en progression et évolution constante, des bruits lourds et bruts qui vous irritent presque les oreilles et quelques lignes rythmiques héritières du Krautrock, voilà comment je ressens cet album. Les chanceux qui étaient à la Flèche d’Or il y a quelques semaines, ont dû assister à une prodigieuse performance mêlant technicité et impro.

01. Deerhunter, Halcyon Digest (Label : 4AD Records)

Plus de doutes possibles, avec ce nouvel opus mixé par un certain Ben Allen (également collaborateur sur le Merriweather Post Pavilion d’Animal Collective), Bradford Cox et ses amis s’installent pour de bon dans la catégorie des meilleurs groupes indé de ces dernières années. L’association entre Bradford Cox et Lockett Pundt, deux esprits créatifs et prolifiques, ne donnent jusqu’à présent naissance qu’à de très bons albums. Cryptogram et Microcastle l’avaient déjà prouvé. Halcyon Digest le confirme avec brio. Avec Moses Archuleta à la batterie et au clavier et le bassiste Joshua Fauver, ils ont construit un univers complexe mais pénétrant, froid mais attachant teinté de psychédélisme, d’expérimental et de mélodie pop. Voici donc mon number one sans hésitation aucune.

Voilà, je m’arrête ici. J’aurais aimé vous parler de The Walkmen, Interpol ou encore The National dans ce classement. Malheureusement, ce sont à mon grand regret trois de mes déceptions de cette année 2010. D’accord ou pas, j’espère au moins que cette sélection vous fera réagir (N’hésitez donc pas à me donner votre avis !)  et que mes premiers pas  encore un peu chancelants dans l’actualité musicale  se lisent bien. A très vite pour de nouvelles découvertes musicales!

Publié dans Chroniques d'albums | 1 Commentaire

A l’écoute cette semaine: du lo-fi venu tout droit de San Francisco.

 Nous avions prévu de nous rendre ce soir même au concert de Ty Segall à l’Abordage (Evreux). Virée hélas annulée, nous ne pourrons donc pas vous raconter cet évènement mais nous compensons avec ce modeste article sur le phénomène Segall. Ce jeune gars est l’un des plus brillants représentants de la scène lo-fi californienne du genre foisonnante depuis quelques années.

La côte ouest redeviendrait-elle Le pôle novateur et prolifique en matière de musique indé? Le quartier de Brooklyn si tendance dans les années 2000 s’effacerait-il désormais face à ce retour en force des petits frères des Pavement?… Pas certaine, mais le sud du littoral bordant le Pacifique a définitivement son lot de groupes, qui méritent que l’on s’attarde dessus. Los Angeles a déjà été le cœur d’un rock garage, d’un folk/rock et d’un psychédélisme envoûtant dans les années 60 avec des groupes marquants comme Love, The Byrds ou encore The Doors. Aujourd’hui, divers éminents représentants de la scène new yorkaise comme les membres des formations The Strokes et TV on The Radio, Julian Casablancas et David Sitek (également producteur), ont quitté l’hyperactive Big Apple pour rejoindre le soleil hollywoodien. Ajouter à cette migration d’esprits créatifs, un afflux de jeunesse inspirée et attirée par des loyers moins élevés qu’à NYC, une profusion de studios d’enregistrement, de salles de concert et de disquaires et vous voilà dans une ville dynamique musicalement et culturellement parlant. L’équivalant européen pourrait être le Berlin aux loyers abordables et à la scène alternative passionnante. Mais la côte ouest, ce n’est pas seulement Los Angeles.

Plus au nord encore, il ya… non pas Seattle, ça c’est encore une autre histoire ! Mais San Francisco, également et de manière irrévocable un haut lieu de la musique indépendante. Une scène garage, au son lo-fi, gras voire crade s’émancipe sur ces terres. Son représentant le plus remarquable semble être le blondinet Ty Segall, anciennement membre du groupe Epsilons. Sans oublier les autres adeptes du “do it yourself”, The Fresh & Onlys, Thee Oh Sees ou encore Sic Alps, restons centrés sur Ty et sa force juvénile, qui nous rappelle le grand Jay Reatard (décédé il y a bientôt un an…). Du genre productif, il opère dans divers projets et personne n’oserait venir s’en plaindre. Après Epsilons cité plus haut, il y a The Traditional Fools qui se qualifie de Punk/Surf , wzrd mntn qui rassemble les musiciens de plusieurs groupes du coin et j’en passe. Il collabore  avec certains de ses confrères, notamment Mikal Cronin de (Charlie & The) Moonhearts (avec entre autres http://www.youtube.com/watch?v=DCS4OI88vW4  ou http://vimeo.com/9500901, extraits de l’album Reverse Shark Attack. Leur son déboîte, vous ne trouvez pas?!). Les albums sous le seul nom de Ty Segall, il y en a eu trois. Le premier est l’éponyme Ty Segall (sorti sous le label Castle Face Records), puis vient Lemons (chez Memphis Goner Records) et enfin le tout récent Melted.

Succession de titres honorant les saturations et les réverb mises bout à bout avec les moyens du bord, ces albums sont du pur lo-fi comme on l’aime. Sur des parties batterie et guitare assez basiques et des plus efficaces, Ty Segall nous impose sa voix criarde et en retrait. Les influences garage US sont évidentes quand on écoute Die Tonight ou encore Can’t Talk. D’autres plus pop/folk (Lovely One) semblent s’être inspirées du minimalisme de One Foot In The Grave et du son de Mellow Gold du “chanteur le plus cool de la planète”, Beck, comme l’affirme  non sans admiration et avec justesse un chroniqueur d’Esprits Critiques. Introduction tout en puissance sur le Melted sorti au printemps 2010, le Ty n’a pas perdu la main. La géniale et complètement déjantée Caesar expérimente des sonorités extravagantes. Une voix qui décolle, des notes de piano et de flûte traversière qui viennent se confronter à une mélodie épurée et prenante, trois minutes et trente secondes de pur bonheur, ça peut sembler trop court. Mais Ty Segall n’a pas besoin d’une argumentation en trois parties pour produire un effet ravageur. Il détient la recette qui fait mouche et le démontre en nous la balançant en pleine face. De Sad Fuzz aux refrains entrainants à Melted qui remet au premier plan la lourdeur des guitares électriques, qui s’entremêlent avec de la grosse réverb et allant jusqu’à My Sunshine, le développement est bien mené. La ballade électrifiée, Alone, quant à elle, nous emmène prodigieusement vers la sortie. Sur ce nouvel opus, le rythme s’est résolument ralentit mais reste toujours aussi bouillant. Les morceaux sont courts et vous clouent sur place. A l’écoute de certaines compositions, on a l’impression d’avoir le résultat d’une répèt’ de d’jeuns installés dans le sous-sol familial (et ce n’est pas un reproche, loin de là).

Héritières du psychédélisme et de la musique garage des années 60, les compositions de Ty Segall et de ses copains restent tout de même parfaitement ancrées dans le présent. Pas de nostalgie abusive des décennies passées, ils arrivent à s’en inspirer pour créer une musique très moderne. Dans l’espoir et dans l’attente d’un nouveau passage dans la région, nous nous en remettons une dose dans les écouteurs…

Un ptit concert dans un disquaire de Chicago par là : http://player.vimeo.com/video/5303716


Publié dans A l'écoute cette semaine | Laisser un commentaire

« Nowhere » de Ride a vingt ans.

A l’orée des années 90, du temps où l’épilogue d’un conflit idéologique tend quelque peu à réchauffer l’ambiance mondiale, de nouveaux mouvements musicaux sont sur le pas de la porte. En Angleterre notamment, ils vont prendre l’ascendant sur d’autres, alors sur le déclin, comme la New Wave. Une nouvelle ère s’impose sur la scène alternative anglaise, puis américaine où les synthétiseurs, l’électronique et la basse perdent leur hégémonie. Les guitares branchées et saturées sont ressorties par des formations qui revendiquent l’influence du Psychocandy de The Jesus and Mary Chain ou encore de la Dream pop de Cocteau Twins, tout deux nés dès le début des années 80. Celles-ci n’oublient également pas de prendre les drogues “prescrites” quelques années auparavant par Spacemen 3. Pas de grunge, ni de britpop donc dans cette chronique mais un tout autre mouvement qui sera mentionné au travers d’un album précis datant d’octobre 1990. Ce mois est en effet celui de la sortie du tonitruant Nowhere de Ride qui marqua l’histoire de la musique rock et devint très vite un album fondateur du shoegazing tout comme Loveless de My Bloody Valentine. Catégoriser ainsi un tel groupe, qui ne songeait qu’à exprimer un état dans lequel chacun de ses membres se trouvait à l’aube de leur vingt ans au travers d’un spleen romantique et  bruitiste à la fois, peut paraître simpliste. Mais assumons cette facilité pour être le plus parlant possible. A l’occasion de ses vingt ans, le label Rhino a donc prévu la sortie d’une réédition remasterisée pour décembre. Celle-ci sera agrémentée de l’EP Today Forever ainsi que du live at the Roxy de 1991.

Pour certains, cet album fait remonter des souvenirs embués de leurs années d’adolescent tourmenté. Pour d’autres qui en étaient encore aux comptines en 1990, la découverte se fera plus tardivement. Découverte tout aussi intense et capable de représenter un véritable tournant dans une conception de la musique et de la performance musicale. Défendu par de jeunes musiciens assoiffés de saturations et de compressions, le shoegaze en règle générale peut chambouler et diriger le regard vers une nouvelle approche. Les individualités et les egos s’y effacent pour se mettre totalement au service d’un tout, d’une musique dans son ensemble. Ce mur du son  constitué d’une multitude d’effets bricolés  sur leurs pédales  sont passionnants à l’écoute. Le seul but est alors de ressentir et faire ressentir des émotions au travers d’une créativité à fleur de peau. Les performances scéniques, j’ai presque envie de dire, les “anti-performances” des groupes suivent ce schéma. Pas d’icône, pas de frime. Ils jouent en regardant leurs pieds, parfois en tournant le dos aux spectateurs tout comme les frères Reid de Jesus & Mary Chain.

En 1988, Andy Bell et Mark Gardener sont à l’université d’Art de Banbury (près d’Oxford d’où ils sont originaires). Ils y rencontrent Laurence « Loz » Colbert et Steve Queralt. A eux quatre, ils forment alors le groupe Ride. Après les petits concerts pour les étudiants arty du coin arrivent rapidement le succès et un label, Creation. Cette formation se tourne vers un rock dont les compositions seront considérées en 1992 comme « un recueil de bruits indistincts » par le NME. Quelques commentaires acerbes par ci par là, mais l’album Nowhere s’installe tout de même à la 11ème place des ventes. Leave Them All Behind, single de l’album Going Blank Again, devient le single de la semaine du journal musical mentionné plus haut. Ride n’avait pas opté pour un son cristallin mais bien pour une pop distordue, triturée, noyée et pas la plus commerciale qui soit. Ils eurent malgré tout leur petite heure de gloire. Le premier album, c’est donc Nowhere. Déjà très abouti, il est d’ailleurs leur album le plus convaincant. La pochette de celui-ci est sobre et anodine. Aux premiers abords, elle ne donne pas franchement envie d’aller écouter la musique qui se cache derrière : Une couleur, le bleu / un élément, l’eau / un mouvement, une vague quasi imperceptible dans une mer d’huile. Aussi imperceptible que cette vague ont été ces titres dans le champ musical d’un certain nombre de personnes. Il reste, pourtant, essentiel encore vingt ans après. Cette succession de 11 fabuleux titres nous assène les oreilles de sons bruitistes et pop des plus enchanteurs.

Le quatuor commence fort avec un Seagull dévastateur, noise et noyé sous des couches de guitares. Les chants éthérés et aériens qui s’invitent, après une introduction tout en puissance, ne vont plus nous quitter. Après ces six premières minutes et déjà abasourdi, on attend la suite pour voir jusqu’où Bell et Gardener sont capables d’aller. Ils continuent donc sur leur lancée, à coup de distorsions, de larsens, de réverb mais toujours avec cette mélodie pop et cette voix doucereuse en fond. In a Different Place marque une pause. Le tempo ralentit pour laisser davantage de place à des sons apaisés et à un chant plus lancinant. L’intensité culmine constamment vers des hauteurs que l’on pensait inatteignables. Les crissements des guitares, la maîtrise de la batteuse Loz Colbert qui s’illustrent parfaitement de bout en bout, collent à nos passions intérieures. Et le niveau ne faiblit pas au fil des chansons comme le prouve le très bon Vapour Trail. Les voix s’envolent encore plus haut sur Here and Now. Derrière le mur du son, nous y décelons une très belle mélodie tout aussi convaincante que celle du sombre et inquiétant Nowhere, sorte de marasme inaudible pour certains, hérésie des plus réjouissantes faite à la pop pour d’autres. Tout le long, cette musique noisy pop et tourmentée nous plonge donc au cœur d’un paysage enseveli sous un épais brouillard duquel on ne peut s’échapper. Tempétueux et gracieux à la fois, le disque est sans conteste à ranger très précieusement aux côtés d’un Spooky de Lush ou encore d’un Souvlaki de Slowdive.

Publié dans Chroniques d'albums | Laisser un commentaire